Retour sur trois mois de Luttes Unies qui ont ébranlé la France!

16 janvier: Dominique de Villepin annonce lors de sa conférence de presse mensuelle la création du contrat première embauche CPE dans le cadre de la deuxième étape de "sa bataille pour l'emploi". "Le projet le plus social, jamais élaboré pour les jeunes" précisera le Premier ministre.

17 janvier: Le Medef juge la mesure trop timide et propose "d'aller plus loin"

19 janvier: Protestations des syndicats qui créent un collectif contre le CPE qui rassemblera tout au long du conflit douze organisations de jeunes et les centrales syndicales.

25 janvier: Le CPE est discuté en commission à l'Assemblée Nationale et Matignon décrète la procédure d'urgence (une seule lecture à l'Assemblée Nationale et au Sénat)

31 janvier: Une première journée nationale d'actions est organisée à l'appel de La CGT et des organisations étudiantes le jour où débute à l'Assemblée Nationale la discussion du projet de loi "Egalité des chances"

7 février: La première mobilisation à l'appel des "Douze" rassemble 450 000 manifestants. "J'entends ceux qui manifestent mais aussi ceux qui ne manifestent pas" commente de Villepin.

9 février: Le CPE est voté à l'Assemblée Nationale grâce au 49.3

14 et 16 février: Des manifestations rassemblent des milliers d'étudiants et de lycéens.

7 mars: Un million de personnes bat le pavé dans 200 villes de France. Le CPE est adopté par le Parlement deux jours plus tard.

12 mars: Villepin affirme à la télévision que "La loi qui a été votée s'appliquera". Il propose aux partenaires sociaux de négocier quelques aménagements à la marge. Refus des syndicats, qui exigent le retrait du CPE comme préalable à toute discussion.

18 mars: Les "Douze" appellent à manifester un samedi afin d'élargir la mobilisation: 1,5 millions de personnes descendent dans les rues.

21 mars: Villepin leur répond qu'il n'acceptera ni "le retrait", ni "la suspension", ni "la dénaturation" du CPE.

23 mars: Journée de manifestations étudiantes et lycéennes. Les cinq confédérations syndicales acceptent l'invitation du Premier ministre à se rendre à Matignon le lendemain. Elles s'y rendront "pour exiger le retrait du CPE", précisent-elles.

24 mars: Quelques heures avant la réunion à Matignon, le président de la République annonce depuis Bruxelles que "La loi doit être appliquée". Dialogue de sourds.

28 mars: Trois millions de manifestants et des centaines de milliers de grévistes exigent le retrait du CPE. La mobilisation est inédite depuis ce dernier quart de siècle en France. Les organisations syndicales saisissent solennellement Jacques Chirac pour lui demander une nouvelle délibération de la loi au parlement en excluant l'article 8 sur le CPE. De son côté, Sarkozy propose la "suspension" de la mesure.

30 mars: Le conseil constitutionnel valide la loi sur "L'Egalité des chances".   

31 mars: Le président de la République annonce qu'il promulgue la loi.... en  demandant simultanément qu'elle ne s'applique pas. Il charge les présidents des groupes UMP à l'Assemblée nationale et au Sénat d'engager des consultations avec les partenaires sociaux en vue de la rédaction d'un nouveau texte qui raménerait de deux ans à un an la période dite de consolidation du CPE et qui obligerait l'employeur à indiquer le motif de rupture du contrat.  

4 avril: Trois millions de personnes défilent à nouveau dans les rues.

5 avril:  Les consultations débutent entre parlementaires UMP et les "Douze" qui tour à tour exigent le retriat du CPE avant le 17 avril.

6 avril:  Villepin annonce qu'il prépare "trois chantiers nouveaux": "la sécurisation des parcours professionnels", "la lutte contre la pauvreté et l'exclusion" et "le renforcement des leins entre l'université et l'emploi".

8 et 9 avril: Le week end est consacré à des tractations au sein de la majorité pour trouver la bonne formulation d'un retraitdu CPE.

10 avril:   L 'élysée annonce dans un communiqué que le CPE est remplaçé "par un dispositif en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes en difficulté". Une heure plus tard, le Premier ministre tiend une conférence de presse. S'abstenant de tout mea culpa, il note que "les conditions nécessaires de confiance et de sérénité ne sont réunies ni du côté des jeunes, ni du côté des entreprises pour permettre l'application du CPE", et regrette de ne pas avoir été "compris par tous" sur ce sujet.....  

Voila le résumé de Douze semaines qui ébranlérent la France.

Textes extraits de la NVO N° 3217 du 14 avril 2006 

à suivre, car au dela du retrait du CPE, il nous faudra revenir sur le CNE et notamment sur l'ensemble de la précarité mise en oeuvre dans nos professions du commerce et des services!



Article ajouté le 2006-04-17 , consulté 44 fois

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