Déja ne plus être seul, ça compte

A Euralille : déjà ne plus être seul, ça compte

 par Isabelle MASSON de la NVO

Lundi 13 février, dans les locaux syndicaux d'EDF qui jouxtent le centre commercial d'Euralille, 8 syndiqués sur les 24 que compte le centre commercial se sont retrouvés pour échanger avec Bernard Thibault dans le cadre de la préparation du 48e congrès. Trois mandatés du commerce pour le 48e congrès étaient également présents. Durant près d'une heure et demie, les échanges ont porté sur les réalités des vécus dans le commerce, sur l'outil syndical et les difficultés rencontrées sur le centre commercial, mais aussi sur le besoin de se rassembler pour ne plus être seul.

Vincent Delbar, animateur du déploiement de la CGT sur le site d'Euralille, a d'abord brossé un état des lieux du centre. Situé entre les deux gares de Lille, le centre compte 118 enseignes et quelque 1300 salariés répartis sur deux étages. « Il y a un an, il y avait deux syndiqués, aujourd'hui ils sont 24 et ce sont eux qui rayonnent sur le centre », a précisé Vincent dès son introduction pour faire mesurer les avancées réalisées.

« Sans l'accueil du syndicat d'EDF, nous n'aurions pas pu développer la CGT sur le site », rappelle Vincent, « on aurait pu faire davantage avec une implication des syndiqués d'EDF notamment lors des distributions de tracts… mais déjà, l'accès aux locaux a été déterminante ». Un syndicalisme solidaire en construction. Pour Laurent secrétaire général du syndicat d'EDF, « La notion de site est à prendre en compte syndicalement ». Jean-Charles salarié à ERAM, premier syndiqué sur le centre, raconte comment il s'est senti soutenu quand un militant de EDF lui a dit qu'il pouvait compter sur lui. « Au fur et à mesure, on se rend compte que l'on n'est pas tout seul ».Fort de 24 syndiqués, il s'agit maintenant de créer une structure syndicale sur le site, notamment pour entamer des négociations paritaires sur la restauration collective mais aussi sur les problèmes de sécurité, notamment concernant les agressions dont sont victimes les salariés et le transport des recettes, etc.

« Tout est prêt pour mettre en place un syndicat de site », indique Vincent, « ce qu'il manque ce sont des syndiqués pour prendre le manche ». Une forme d'organisation qui plaît. « J'espère que ce type de syndicat va se développer partout », déclare Valérie salariée chez Pimkie. Pour elle, c'est un atout de proximité avec les salariés souvent éloignés des élus de leurs enseignes, cela aide au développement des forces syndicales et des relations entre les différents syndiqués du site.

Néanmoins, certains syndiqués disent qu'il n'est pas toujours évident d'être syndiqué dans ces secteurs. « S'ils apprennent que je suis syndiquée, ils vont me licencier », avoue l'une d'entre eux. D'autres renchérissent : « c'est facile de licencier les gens et sans dire que c'est à cause du syndicat ». Pour Bernard Thibault, il faut « libérer le droit de se syndiquer. D'être contraint de le cacher n'est pas chose normale ». Changer la donne, poursuit le secrétaire général de la CGT, passe par davantage de syndiqués.

On ne peut pas créer des syndicats d'entreprise partout. Partant de cette réalité, Bernard Thibault réaffirme « qu'organiser les salariés par site est une solution, cela fait grandir l'idée que pour avancer tous, il faut s'aider ». Et de poursuivre : « déjà ne plus être seul, ça compte ». Enfin, il a rappelé que « le syndicat n'est pas une organisation virtuelle, mais qui s'appuie sur ses syndiqués, et elle n'est forte qu'à hauteur du nombre de ses syndiqués ». La solution ? Etre plus nombreux. A n'en pas douter les syndiqués d'Euralille ont entendu le message : quelques jours après, une nouvelle adhésion a été enregistrée dans un hôtel.



Article ajouté le 2006-03-30 , consulté 57 fois

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